Compte-rendu numéro 2 de la Carte blanche à...
François GRETHER, « vers un urbanisme durable »
Cycle « Vers une architecture de bio-logiques… »
24 mai 2007

Le développement durable dans les
transformations de la ville peut
apparaître comme un champ nouveau,
les projets urbains durables sont
généralement présentés comme des
vitrines, mais ils sont partiels à l'échelle
de la ville. On parle d'éco-quartier,
terme générique, avec un effet
recherché d'annonce. L'aspect
exemplaire joue néanmoins un rôle
dans la diffusion ultérieure, c'est une
sorte de laboratoire qui génère même
un nouveau tourisme.
Je ne suis pas très féru de ces
méthodes estampillées, des normes et
autres règlements ; le fait de banaliser
des démarches identiques sur tout le
territoire m'inquiète beaucoup. Je
préfère travailler au cas par cas.
Chaque projet a sa singularité :
comment on va construire une
démarche propre à ce projet-ci dans
ce lieu-là ?
La part de l'agriculture me semble très
importante, elle fait partie des
composantes urbaines.
La prise en compte du temps du projet
est fondamental. A la différence de
l'architecture, on n'est pas tendu vers
l'achèvement mais on travaille avec
différents temps, la réalisation à court
terme et la réalisation à long terme.
L'architecture résiste au temps, nous,
on continue d'étudier en marchant…
La concertation reste un élément-clef,
elle fait partie du développement
durable : il faut partager tout
cela, sentir l'état d'esprit, les
attentes et se poser la
question de ne pas avoir la
même action partout, mais
d'apporter des réponses
différenciées.
La thématique du développement
durable n'est
pourtant pas nouvelle :
La prise en compte des sites
géographiques initiaux, la
question des limites, de la
délimitation de la ville,
l'explosion du fait urbain
sont au coeur des préoccupations
depuis longtemps.
Cerda vers 1850 disait « il
faut urbaniser les campagnes
et ruraliser la ville »
De même les questions de déplacement
(notamment la logistique urbaine avec
les livraisons) et la réflexion sur la
densité (de construction, par habitant
ou encore la densité ressentie) sont des
thèmes familiers et habituels.
La ville dense est appréciée quand elle
existe mais mentalement le public la
refuse. Le débat est difficile et avance au
cas par cas : Les associations vertes, par
exemple, la contestent dans la réalité et
la prônent dans leurs discours, il y a une
contradiction.
Les changements et les avancées par
rapport aux problématiques anciennes :
On a eu tendance à construire un
langage particulier, un discours
environnementaliste devant des
questions non résolues, surtout dans les
années 80.
La question de la pollution du sol est
relativement nouvelle, il y a eu beaucoup
d'avancées dans la prise en compte des
problèmes d'eau, d'assainissement et de
déchets. On avance aussi du coté de
l'énergie mais il faut aller plus loin et
recourir plus nettement aux énergies
renouvelables. De même beaucoup
d'évolutions positives ont émergé dans
la technique.

Le Parc de la Loire à Orléans
Au travers de l'aménagement d'un vaste parc en bordure de la Loire, il s'agissait de fédérer plusieurs petites études d'urbanisme. C'est un projet original car il ne développe pas de recettes immobilières et n'a pas de visée touristique. Il cherche à qualifier davantage Orléans comme une ville de la Loire en mettant son fleuve en valeur, en rénovant l'ancien canal mitoyen, et en respectant les lieux. Le territoire est vaste et pose la question du rapport entre la ville, les éléments naturels et l'agriculture. La relation à l'eau est très présente et mobile : la Loire est vivante, il y a des crues.
Le quartier Nord d'Amiens
Il représente un quart de la ville avec 23000 habitants. C'est un grand thème d'actualité, l'habitat social en barres, la rénovation de secteurs urbanisés il y a trente ou quarante ans. On n'est nulle part, on n'y a pas d'adresse, on est face à un unique bailleur. Je travaille sur ce projet depuis dix ans. Il n'a pas été abordé d'un point de vue du développement durable. Ce n'est pas une intervention sur un périmètre mais une étude de définition et des propositions sur quelques îlots. J'ai intégré l'espace agricole au nord comme un parc expansif, géré par les agriculteurs avec du blé, de la betterave, des cultures. L'agriculture joue un grand rôle. Il y a différentes interventions pour mettre en mouvement le quartier, pour différencier les espaces.
Lyon Confluence
Sur ce terrain remarquablement situé, remblayé grâce à Perrache, il faut développer le centre avec une densité de centre-ville. Le parc propose un système d'espaces verts ramifiés, et un espace d'agrément avec un plan d'eau. C'est un centre d'échanges dont tout le monde se plaint avec la gare, l'autoroute, le métro. On passe facilement d'un mode à l'autre mais pas d'un mode de transport à la ville. Il y a eu un gros travail sur les cheminements piétonniers pour relier le tout.
Paris-Batignolles
Sur cette immense parcelle on a pris un angle résolument développement durable. Pour le parc en damier qui permet notamment l'exercice physique, on a pris en compte les saisons, la gestion de l'eau. Par contre, il s'est avéré impossible de couvrir les voies ferroviaires. On a beaucoup travaillé avec les acteurs concernés afin de réduire leur emprise et de les intégrer dans le site.
Compte rendu établi par Flora Genel, flora.genel@gmail.com, à télécharger ici
