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Rencontres & débats « REINVENTER LE LIEU DE TRAVAIL »

24 jan

Archinov, en partenariat avec AMO et Steelcase a souhaité s’interroger sur l’émergence des nouveaux modes de travail, faire connaître ces initiatives intéressantes basées sur des usages qui renouvellent la fabrication et l’aménagement des lieux de travail et les mettre en débat.

Le coworking est-il un effet de mode ou la préfiguration d’une autre façon de travailler ? En 2014 on compte plus de 250 lieux et près de 10 000 coworkers. En pleine effervescence, ces tiers-lieux inventent d’autres appropriations, d’autres modes d’emploi des espaces de travail et de nouvelles collaborations. Ils accueillent un public de plus en plus large et investissent aussi des entreprises. C’est ce mouvement réciproque qui nous intéresse ici. Quels enseignements le coworking peut-il nous apporter ?

Première séquence le 18 février avec . « LA PROMESSE DES COWORKING »                           

Une première rencontre pour donner à voir, donner envie de s’intéresser à des espaces et des usages autres qui semblent, à première vue, marginaux, mais témoignent d’un dynamisme extraordinaire. Qu’est-ce qu’un espace de coworking ? Delphine Chenuet cofondatrice du Woma nous fiat visiter les lieux et nous en explique le fonctionnement. Nathanaël Mathieu, président de Neo-nomade.com et associé de LBMG, dont l’ambition est « d’imaginer le travail de demain » analyse ses impacts et nous éclaire sur les utilisateurs. Qui fréquente ces espaces ? Pourquoi ? Quels sont les collaborations et les échanges ? Quel est le modèle économique ?

Catherine Gall, directrice de la prospective chez Steelcase et chercheuse dresse ensuite un large panorama des coworking, et insiste : il y a toujours un projet préalable à la création de ces lieux et de nouvelles approches des temps de vie professionnelle et privée, un désir de faire communauté.

Un film de cette table ronde est disponible sur le site d’Archinov rubrique CARTE BLANCHE

Deuxième séquence le 10 mars avec « DU COWORKING AU CORPOWORKING »                

Une deuxième rencontre pour questionner les entreprises qui rapatrient la dynamique du coworking en leur sein : comment mettre en œuvre et animer ces lieux alternatifs au sein de grandes sociétés ?

Blandine Brechignac consultante chez HR&D présente son étude :  Corporate coworking : quelle(s) réalité(s) derrière le coworking en entreprise ? », menée en collaboration avec LBMG.

Le corpoworking vise à proposer aux salariés un lieu de rencontres et d’expérimentation, où l’on vient librement effectuer ses tâches quotidiennes ; c’est donc un espace de travail à l’intérieur ou à l’extérieur des locaux pour les salariés et parfois d’autres acteurs extérieurs, qui fédère une communauté de partage et se caractérise par une animation spécifique. L’objectif est de promouvoir des transformations dans les modes de travail généralement en lien avec le numérique et d’inventer des espaces qui vont les favoriser, en contournant les processus organisationnels habituels de l’entreprise.

L’idée est ensuite d’essaimer, de reproduire ailleurs ces nouveaux partages pour l’instant élaborés sans visée de rentabilité financière. Comment conserver cette énergie de transformation si elle s’institutionnalise ?

Séverine Blanchard-Jazdzewski, Responsable Work lab/Innovations RH pour la Villa Bonne Nouvelle d’Orange, a apporté une illustration et des éléments de réponse avec la Villa Bonne Nouvelle. Une expérience inédite sur un plateau de travail aménagé autour d’une vaste cuisine familiale. Des équipes d’Orange viennent y travailler plusieurs mois autour d’un projet et côtoient des start-ups en résidence et des co-workers « ordinaires ». Un mélange étonnant, destiné à initier de nouvelles méthodes de travail et soutenu par une manager-animatrice des lieux, dont la mission principale est de favoriser les échanges. Une recherche est en cours avec des sociologues pour analyser les usages et l’évolution du rapport au travail.

De ces deux voyages précédents quelques points forts se dégagent : l’importance du lieu quand on annonçait la mort du bureau, il n’y a pas si longtemps, le nouveau regard porté sur l’open space, bien loin du ressenti des salariés des entreprises. Il est désormais paré de toutes les qualités. L’échelle réduite qui permet de savoir qui fait quoi, à côté de soi, et encourage ainsi de nouvelles collaborations plus ou moins fortuites. Le rôle de ce nouveau métier d’animateur d’espace dégagé de tous liens hiérarchiques qui semble difficile à rapatrier dans des organisations classiques et enfin, pour le corpoworking, la volonté de se donner un temps pour l’exploration sans visée financière immédiate.


Dernière séance le 31 mars avec « TRAVAILLER AUTREMENT ? »

Une troisième rencontre pour interroger ce fameux travail collaboratif que beaucoup appellent de leurs vœux et imaginer d’autres modes de travail dans des lieux autres… en abordant une autre échelle, celle de la ville.

Thierry Marcou, directeur du programme Villes 2.0 à la FING, présente la mission de la FING et le dispositif de recherches SOFTPLACE qui au travers d’ateliers pluridisciplinaires imagine des scénarios extrêmes exploratoires. Il en détaille trois, « le co-living ou néo-phalanstère » qui propose un lieu de vie globale effaçant les frontières entre le privé et le professionnel, « tous les lieux deviennent des tiers lieux » un scénario qui redonne des usages aux succursales et agences qui ferment aujourd’hui et constituent un nouveau maillage du territoire et « zero excess capacity » qui traque les mètres carrés inutilisés quelques heures par jour et les remet en circulation et en usage. Un scénario de prime abord très consensuel qui se révèle compliqué à mettre en pratique, car il suppose un monitoring constant de la ressource.

Aurélie Deudon de LBMG s’interroge : En quoi la montée du coworking agit-elle comme un révélateur de nouveaux usages dans la ville de demain ? Et développe son exposé autour de quelques mots clefs.

#NOMADE le travail mobile à l’extrême, depuis n’importe où, en dehors des tiers-lieux « classiques », dans ce contexte, que va devenir le bureau? Existera-t-il toujours?

#FLEXIBLE la mutualisation et la fluidification des ressources immobilières, qui remettent potentiellement en question le marché immobilier classique avec la montée des plate-formes de mise en relation directe entre offre et demande.

#CONCERTE le processus participatif typique du coworking s’étend aujourd’hui à l’échelle de projets d’aménagement de bureaux, de projets immobiliers voire de quartiers et vient compléter des mécanismes de concertation qui jusqu’à présent n’était pas suffisants

#HACKING révélé par les tiers-lieux (maker space et hacker space), la montée des processus de réappropriation des outils et des méthodes par le citoyen, signe-t-elle la fin de l’expertise ?

Nicolas De Benoist, Directeur Insight-Led Experience | Steelcase insiste sur le rôle fondateur de l’espace, comme outil de communication, son influence majeur sur nos attitudes et comportements, sur notre conditionnement spatial. Il nous entraîne ensuite dans une balade insolite, du Mont Saint Michel au garage des fondateurs de Apple ou Google pour montrer le fossé entre les grandes entreprises classiques et les start-ups mais aussi la difficulté pour la start-up qui devient une grande entreprise à rester en contact avec le réel. Cette dernière, malgré de gros moyens et de gros efforts déployés, perd vite l’identification et l’intimité avec l’utilisateur. L’asséchement des espaces de l’entreprise classique s’oppose au souci de décoration, à la volonté de créer une atmosphère et une ambiance des tiers-lieux. Le co-working a nourri cet appétit d’identité et d’inspiration, mais en se multipliant, réussira-t-il à conserver une âme ? Nicolas de Benoist se demande si l’appétit des gens sera plus fort que l’appétit des organisations ; il montre le dernier projet pour faire travailler et loger ses salariés, imaginé par Google en Californie. L’enjeu est de créer une véritable cité avec des lieux poreux entre travail et vie privée. Il insiste en conclusion sur l’inspiration que peuvent produire (ou pas) des espaces, illustrant son propos avec quelques bureaux célèbres, notamment celui du Président de la République : Comment peut on penser l’avenir, la société de demain, le numérique dans des lieux aussi chargés d’histoire, aussi paralysants ?

 

Un grand merci à nos partenaires, AMO et STEELCASE (pour son accueil), à nos intervenants qui ont partagé leurs réflexions très riches avec nous et au public très fidèle qui s’est déplacé trois fois.

Afin de poursuivre nos échanges, une visite de plusieurs coworking sera prochainement organisée par LBMG
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