Voyage à Besançon le 8 mai dernier

19 sept

Musée des beaux arts à Besançon

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Archinov a organisé une visite au musée des Beaux Arts de Besançon, Thérèse Hauf Macé en a fait un compte rendu :

Il était une fois une Halle aux blés, et une grande salle des fêtes qui fut construite en 1843 par l’architecte Marnotte au milieu de la ville de Besançon … c’est un bel édifice avec ses arcs en plein cintres et une symétrie parfaite. Marnotte s’est inspiré de la halle aux blés de Paris. Il voulait intimer aux citadins l’idée d’un ordre économique et garder une distance.

Malheureusement le projet grandiose qu’il avait en tête en dotant le bâtiment d’une coupole pour rendre hommage au Panthéon de Rome ne put aboutir …Il laissa sa place a Alphonse Delacroix qui du terminer le chantier.

La Halle de blé fonctionnant peu, la bâtisse devient un espace d’exposition en 1860.

Plus d’un siècle plus tard, un collectionneur d’art, Georges Besson cherche une destination pour sa collection de peinture et œuvre d’art graphique, qu’il a toute sa vie durant construite avec l’aide de son épouse. Proposant à la ville la donation de sa collection sous réserve que celle-ci soit exposée en permanence dans des salles dédiées, la ville n’avait pas d’autres choix que de construire une extension à la Halle.

Intéressé par le travail de Le Corbusier, Georges Besson le recommanda auprès de la ville, mais celui-ci déclina l’offre.  On proposa alors à l’un de ses anciens collaborateurs, Louis Miquel, qui accepta malgré quelques difficultés à retrouver ses marques après l’indépendance d’Algérie puisque beaucoup de ses projets s’y trouvent.

Sa proposition de construire l’extension du musée à l’intérieur de la cour est basée sur les concepts de Le Corbusier du musée à croissance illimitée. Ainsi la rampe qui signifie cette croissance est volontairement rectiligne. En 1965, Miquel propose un projet très ambitieux sans respect pour le premier bâtiment. Des formes cubiques, des arêtes vives, des entrées multiples, de la dissymétrie, du béton …aucun dialogue ne peut s’établir entre ces deux écritures architecturales si distinctes.

Avec le temps, les diverses évolutions du musée, l’espace d’accrochage nécessaire, toutes les convictions de deux premiers architectes ont disparues, pour ne laisser aujourd’hui que des strates historiques.

C’est ce regard que l’architecte Adelfo Scaranello a posé sur le musée : « Restituer ces architectures dans leurs intégrités au sein d’un nouveau projet ne procède pas d’une démarche historisante, mais d’une transformation du lien entre ces deux figures » nous explique l’architecte, « Celles-ci nous ont conduit à développer ne liaison particulière entre l’architecture et la scénographie. »

Une grande partie du travail d’Adelfo Scaranello s’opère sur la lumière. Par l’ouverture de la toiture la lumière peut descendre et révéler les murs de l’ancienne cour. Ainsi l’architecture de Miquel devient un objet posé dans un écrin…

Sur les espaces périphériques toutes les fenêtres s’ouvrent sur la ville, et la ville peut entrer dans les collections…Un musée appartient aux citoyens, et se doit d’être proche des habitants de sa ville…

Le blanc de Meudon dans les espaces du rez de chaussée, révèle les œuvres et l’architecture avec simplicité, et contribuent à la présentation tout comme la sobriété des socles et des vitrines, une forme de minimaliste qui entre au service de l’œuvre ou de l’objet et se fait presque oublier…

Dans les espaces contemporains, toutes gaines techniques sont invisibles.

Le choix de la couleur vert tilleul sur les murs, s’impose délicatement comme un clin d’œil au XVIIe siècle.

Les récentes ouvertures de certains murs révèlent au visiteurs la découverte de nouvelles perspectives, des vues sur les espaces d’exposition temporaires…Du rez de chaussée au « grenier » du musée, le parcours s’impose à travers l’écriture de ces trois architectes intervenant chacun à un siècle différent.

« Adelfo Scaranello n’a pas redonné au musée sa lisibilité, il lui a simplement permis de recouvrer la liberté » propos de Nicolas Surlapierre, conservateur du musée…

 

THM

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